Guide Bourse
Chevalier Blanc

Les offres publiques d'achat ou d'échange ( OPA ou OPE ) sont des formes normales d'acquisition des sociétés en Bourse qui se réalisent dans un cadre réglementaire défini par les autorités de tutelle des différents marchés financiers mondiaux.
Les offres publiques s'appuient sur deux principes généraux : la transparence dans leur déroulement et l'égalité de traitement des actionnaires.
Jugeant « hostile » une offre publique d'achat ou d'échange de ses titres visant à une prise de contrôle, une entreprise « cible » et ses dirigeants disposent de plusieurs moyens de défense contre cette offre publique, dont celui de faire appel à une offre publique concurrente initiée par une tierce entreprise, appelée en cette occasion chevalier blanc .
Dans le cadre réglementaire fixé en France par l' Autorité des Marchés Financiers (AMF), l'offre publique concurrente du « chevalier blanc » doit être déposée au moins 5 jours avant la clôture de l'offre précédente, dont la durée officielle de validité est de 35 jours dès lors qu'elle a été déclarée « hostile ».
L'offre publique concurrente doit d'autre part représenter, par rapport à l'offre précédente, un prix par action au moins supérieur de 2 % ou supprimer la condition de « seuil de réussite ». Dans ce cas, les ordres d'apport des actionnaires à la première offre sont automatiquement révoqués.
Mais l'initiateur de la première offre pourra toujours surenchérir sur l'offre concurrente, le succès de l'intervention du « chevalier blanc » n'étant donc pas garanti.
On confond parfois à tort l'intervention d'un « chevalier blanc », ainsi strictement reglementée, avec les « rachats d'amis », autre mesure de défense anti-OPA ou OPE.
Ces « rachats d'amis », qui doivent être en France déclarés tous les jours auprès de l'AMF pendant la durée de validité d'une offre publique, peuvent cependant se voir obligatoirement transformés en offre publique concurrente sur injonction de l'AMF.
Les différentes mesures anti-OPA, dont l'appel fait à un « chevalier blanc », entraînent le plus souvent l'amélioration des conditions de la première offre, mais rarement son échec. Cela peut d'ailleurs conduire à ce qu'une offre « hostile » devienne « amicale » (c'est-à-dire acceptée par les dirigeants de la société cible), comme par exemple dans le cas des unions Sanofi/Aventis ou Alcan/Péchiney.
Un « chevalier blanc » devient parfois « gris » ou « noir ». C'est ainsi que le groupe allemand Eon est « venu au secours » d'Endesa « attaqué » par le groupe espagnol Gas Natural, les sociétés Enel et Acciona intervenant au final. Qu'une offre hostile réussisse ou qu'un « chevalier blanc » intervienne, une offre publique aboutit toujours à la perte d'indépendance de la cible.
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