Dossier Analyse Financière
La valeur ajoutée mesure la création de richesse
La valeur ajoutée mesure la création de richesse d’une entreprise. Elle est calculée en soustrayant de son chiffre d’affaires tous les achats qu’elle a du effectuer pour assurer son activité. Cela va des matières premières aux produits semi-finis, en passant par la facture d’électricité.
C’est une mesure tellement pertinente de la création de richesses qu’elle sert de référence à l’administration fiscale pour taxer... la création de richesse : c’est la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée !
Prenons Renault, par exemple : ses voitures sont équipées de pneus, de blocs phares, de pare-chocs, de circuits de freins, de sièges et d’équipements de sécurité que Renault ne fabrique pas.S’y ajoute l’acier : elle le plie et le soude, mais ne le fabrique pas. Et tous les autres produits (plastiques, peintures, etc...) qui entrent dans le processus de fabrication à différents niveaux. Pour déterminer la valeur ajoutée de la marque au losange, il faudra donc retrancher tous ces produits du prix de vente.
Cela donne :
| Valeur Ajoutée = Valeur des biens et services produits − Valeur des consommations intermédiaires + Marges (valeur des marchandises ou services moins leur valeur d'achat) |
|---|
Cette valeur ajoutée ainsi obtenue est dite « brute » car elle comprend aussi bien les dépenses de personnel, cotisations comprises, que les impôts et taxes payés par la société et que la rémunération du capital.
C’est donc un solde, mais qui n’est pas encore un profit : pour cela, il faudra prendre en compte le cout du renouvellement de l’outil de travail (l’amortissement)... Les activités purement commerciales, comme la grande distribution (Carrefour, Casino, etc), qui n’achètent que pour revendre, sans rien transformer, ont une assez faible valeur ajoutée.
Les industriels, qui achètent des matières premières pour les transformer, en ont de très importantes. Mais les plus fortes valeurs ajoutées sont concentrées dans les sociétés de services. Elles n’achètent pas de matières premières, peu de produits semi-finis, et font payer au prix fort leurs prestations intellectuelles. La meilleure valeur absolue : un ingénieur, avec un stylo, une table, une chaise et une feuille de papier, qui découvre et vend un nouveau procédé à un client !
On peut -et, dans le cas boursier, on a même intérêt à le faire- comparer les valeurs ajoutées entre sociétés d’une même branche. Une société générant moins de valeur ajoutée que ses concurrents vaudra moins cher, mais pourra plus facilement améliorer ses résultats qu’une autre, car il suffira qu’elle augmente son ratio de valeur ajoutée pour dégager plus de rentabilité. Si elle est déjà à un niveau élevé, cela sera plus difficile.
Le Saviez-vous ? La valeur ajoutée de toutes les entreprises françaises mise bout à bout permet de connaître la valeur de la production de la France. La Comptabilité Nationale appelle cette mesure le P.I.B (produit intérieur brut). Mais vous saurez désormais qu’il s’agit en fait de la "valeur ajoutée de la France"!

