Dossier Analyse Financière
Le résultat net n’est pas tout
Le résultat net qui figure au bas du compte de résultat apparaît souvent comme le sésame de l’investisseur boursier. Mais les analystes -et les épargnants soucieux de bien placer leur argent - s’intéresseront à bien d’autres lignes. On les appelle les soldes intermédiaires.
Ils sont particulièrement intéressant dès lors qu’on veut mesurer la profitabilité d’une activité. Car, on le néglige trop souvent, il y a bien d’autres moyens d’obtenir des résultats : reprise de provisions, réduction des stocks, cessions, profits exceptionnels...
C’est pourquoi il faut s’attacher à décortiquer les lignes qui, dans le compte de résultat, précédent le résultat net.
Le plus important, c’est l’excédent brut d’exploitation (EBE). Il exprime la différence entre les produits (les ventes) et le paiement des charges de personnel, mais avant les amortissements et dépréciations. Il est aussi appelé bénéfice brut d'exploitation (en anglais "gross operating profit") et Ebitda, il mesure la qualité de l'exploitation. C'est l’ancienne marge bénéficiaire, aussi appelée aussi marge opérationnelle. C’est le principal indicateur de la santé de l’exploitation de la société.
Lorsqu’on prend l’EBE, et qu’on lui retranche les amortissements et les dépréciations, on obtient alors le « Rex », autrement dit le résultat d’exploitation, appelé aussi parfois résultat opérationnel (et Operating result, dans la comptabilité anglo-saxonne et les normes IFRS). Il ne tient compte ni des produits et des charges financières, ni des produits et des charges exceptionnelles, ni de la participation des salariés aux résultats de l'entreprise, ni des impôts sur les bénéfices. C’est un indicateur pourtant très apprécié pour mesurer la performance intrinsèque de l’entreprise, puisqu’il n’est pas influencé par des événements exceptionnels (restructuration, vente d’actifs...).
Ce Rex, rapporté au chiffre d’affaires permet d’obtenir une marge d’exploitation.
En ajoutant à ce résultat d’exploitation le résultat financier, on obtient le résultat avant impôt, qui sert à suivre la rentabilité des opérations de gestion courante, sans tenir compte des opérations exceptionnelles. C’est aussi la dernière étape importante avant le fameux « sésame » : le résultat net après impôt. Celui qui déterminera le dividende que versera l’entreprise à ses actionnaires !
Ces soldes intermédiaires sont essentiels pour détecter les anomalies. Et expliquer parfois certaines valorisations. C’est le cas de Bull, société de services qui fait l’objet d’une valorisation élevée, car elle bénéficie d’un report de ses pertes antérieures d’un montant de plusieurs centaines de millions d’euros, permettant d’annuler plusieurs années d’impôts sur les bénéfices. C’est, avec une belle trésorerie, un des plus beaux « actifs » de la société...
Vous trouverez ci-dessous un résumé des différents soldes intermédiaires de gestion et le processus qui permet de comprendre leur formation. Pas besoin de les mémoriser par cœur. Il faut simplement savoir replacer les principaux d’entre eux les uns par rapport aux autres. Car certains chefs d’entreprise ont tendance à cacher les mauvaises nouvelles en communiquant plutôt, selon leurs besoins, sur l’un ou l’autre d’entre eux !
Les grandes étapes pour arriver au résultat net


